Le XVIIIe siècle ne s’est pas contenté d’évaluer les autrices du XVIIe siècle. Il a lu, réécrit, édité les œuvres de nombre d’entre elles, autrices déjà érigées en modèles (Sévigné et Lafayette), mais aussi références incontournables (Gournay, Villedieu, Deshoulières), ou encore femmes dont le statut d’écrivain peut être problématique (Montpensier, Louise-Françoise de Bussy-Rabutin). En étudiant la réception – lecture, édition, réécriture, évaluation – que réserve le Siècle des lumières à ces autrices, il s’agit de déterminer la place et le rôle de ces femmes dans la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles, de mesurer la continuité d’un siècle à l’autre et de comprendre l’histoire littéraire telle qu’elle a été construite. L’examen de leur postérité mobilise plusieurs approches : intertextualité, histoire éditoriale, sociologie de la littérature, autant de perspectives qui posent des questions bien particulières lorsqu’elles relient deux siècles apparemment étrangers l’un à l’autre mais entre lesquels tant de rapprochements semblent pouvoir être faits. Que devient une autrice classique sortie de son contexte particulier, fait de réseaux, de collectivités et d’échanges lettrés ?
Numéro publié avec le soutien des laboratoires LIS (université Paris-Est Créteil) et FoReLLIS (université de Poitiers)





